Au revoir ma petite princesse

 

 

 

Toi ma petite Louloute, toujours précieuse et coquette, je t’ai trouvée sur le bord de la route en revenant du travail. J’étais avec des collègues et nous faillirent te rouler dessus. Heureusement pour toi, le conducteur pila sur ses freins. Nous nous arrêtâmes à temps. Je sortis de la voiture et doucement je t’appelai « kitty kitty »

Bien sûr tu étais craintive et il fallu plus de quinze minutes pour que tu approches. Tu n’étais qu’un chaton égaré et abandonné. Je t’agrippai et te serrai dans mes bras. La maison n’était qu’à deux rues d’où je t’ai trouvée. Tu étais un peu sale mais surtout tu avais très faim. Je me souviens encore de la manière dont tu as sauté sur la nourriture et de la quantité que tu as avalée. J’étais vraiment impressionnée et je me demandais où tu mettais toute cette nourriture. Je pensais même que tu allais tomber malade ou tout remettre. Mais il n’en fut rien.

Pendant tout ce temps, Whitesoak et Chouchou se demandaient qui tu étais. Ils n’avaient pas l’air fâché. Ils étaient juste curieux de ta présence. Tu ne cessais de miauler entre deux bouchées.

Ensuite, ce fut une petite gueguerre entre nous deux. Je te donnai un bon bain pour te nettoyer et ce ne fut pas facile. Tu te débattais et j’étais aussi trempée que toi. Le sol de la salle de bains ressemblait à l’océan. 

Lorsque tu fus rassassiée et propre, je te présentai à mes deux autres compagnons. Tu te mis à souffler sur eux et en retour ils firent de même. Mais au fur et à mesure que les semaines passèrent, tu t’attachas à Chouchou. Entre toi et Whitesoak ce ne fut jamais le grand amour. Vous vous tolériez mais point final. Etait-ce compétition féminine ? Etait-ce jalousie ? Je n’en saurai jamais rien mais je sais que tu miaulais souvent après moi et que toujours, tu voulais être la première à vouloir manger. Tu mangeais sans cesse et tout ce qui te passait sous le nez. Même mes salades, mes frites, mes légumes. Tu volais la viande de mon ex compagnon dès qu’il avait le dos tourné. Et moi, au lieu de te punir, je riais tellement je trouvais cela drôle. Surtout à voir ta petite mine lorsqu’il te prenait sur le fait mais il ne te dit jamais rien car il trouvait cela « cute »

Tu as toujours gardé ta taille de guêpe malgré les quantités de nourriture que tu avalais. A toute heure de la journée, tu te lavais en plus des bains que je te donnais. Toujours tu te tenais droite et levais un peu la tête fière. Parfois, j’avais l’impression que tu étais une petite princesse snob. Mais je suppose que c’est mon imagination parce que c’est ainsi que je t’ai toujours vue. D’ailleurs la nourriture, bien souvent, tu la prenais avec une seule griffe hors du bol, tu la sniffais et seulement tu te permettais de l’avaler.

Mais malgré ces petits airs de prétentieuse que je voyais en toi, je t’ai toujours aimée et qui sait que tu m’en as fait voir des vertes et des pas mûres.

Tes petites guerres avec Whitesoak, tes bouderies parce que oui, tu sais bouder à ta propre façon font de toi une petite chatte à part et bien particulière. Mais si tout cela n’était pas en toi, ce ne serait pas toi du tout. Et c’est ainsi que je t’aime et j’espère que jamais tu ne changeras.

Lorsque nous durent déménager, tu m’as franchement casser les oreilles avec tes miaulements. Pour que vous vous sentiez moins seuls, je restai quasiment trois semaines à la maison avec Whitesoak, Chouchou et toi. Mais pendant plus d’un mois, tu avais toujours l’air perdue, apeurée et du mieux que je le pouvais, j’essayais de te rassurer. Finalement je réussis mais il m’en a fallu de la patience.

Puis BlackJack arriva, petit chaton abandonné. Je pensais que j’avais tout vu avec toi. Mais il a fallu que tu souffles de plus belle sur ce pauvre chaton noir. Tu tolérais que je m’occupe de Whitesoak, mais pas de BlackJack. Mais comme toujours les choses rentrèrent dans l’ordre.

Quelques mois plus tard, tu étais en chaleur et tu courrais après Chouchou, où est-ce Chouchou qui te faisait la cour ? Je réalisai que j’avais oublié de te faire opérer car moi-même je faisais une sinusite-bronchite et j’étais clouée au lit. Et puis, je me suis dit qu’une litière ne pourrait pas te faire de mal. 

Chouchou et toi me donnèrent au mois d’avril 2001 cinq merveilleux chatons qui tous vous ressemblaient. Pas facile pour vous reconnaître ! Mais surtout tu me donnas du fil à retordre ! Tu refusais de t’occuper de tes petits. J’ai du téléphoner au vétérinaire pour demander des conseils et je les ai suivis, enfin à peu près car je n’étais pas d’accord sur certaines choses. Mais toutes les quatre heures je te forçais à alleter les petits en t’enfermant dans la même pièce que moi. Je t’avais construit un petit nid pour toi et les petits. Moi je les nettoyais comme le vétérinaire me l’a dit. Leurs petits yeux, le pelage. Et même si ce fut du travail, je ne me plaignais pas car je dois te l’avouer, j’ai beaucoup aimé jouer à la maman avec toi même si les petits bébés n’étaient que des félins.

Lorsqu’ils eurent six semaines, ils courraient partout dans la maison et à ce moment-là, je me souviens que tu n’étais pas trop d’accord. Je te voyais courir après chacun d’eux pour qu’ils retournent dans leur nid mais rien à faire, ils découvraient le monde qui les entourait. Ils apprirent à manger et à boire par eux-même. Sauf un. Le plus petit : Flaubert. Il refusait de manger la nourriture pour chat et les croquettes. Par contre, il était comme toi, il chipait mes aliments. Je téléphonai au vétérinaire pour demander conseil. Il me demanda comment je t’avais nourrie pendant ta grossesse et je lui avouai que tu mangeais beaucoup de jambon, steak, côte de porc, oeufs. Il m'expliqua qu'il était peut-être probable qu’il ait, dans ton ventre, développé un penchant pour cette nourriture. Alors je me mis à faire de petits plats de viande pour Flaubert, qui non seulement demandait des dîners particuliers mais aussi des soins et une attention incroyable. Oh oui, pour garder ton petit en vie, j’en ai fait des trajets chez le vétérinaire.

Lorsque tes chatons eurent douze semaines, nous les donnèrent à des gens que nous connaissions. J’avais un peu le coeur brisé car j’avais du prendre soin d’eux mais bon avec vous tous à la maison, cela devenait impossible. Comme avec des enfants, je passais mon temps à passer derrière les petits pour ramasser tous les jeux, les papiers qu’ils faisaient tomber et autres choses avec lesquelles ils jouaient.

L’un après l’autre ils partirent vers leur destin dans leur nouveau foyer sauf : Flaubert. Il demandait tellement d’attention et de soins spéciaux que je le gardai car je m’étais mis en tête que personne n’aurait le temps ni le courage de s’en occuper.

Toi tu fus contente et tu te mis à jouer avec lui, et tu passas plus de temps en sa compagnie que lorsqu’il était né. Entre-temps, j’avais demandé au vétérinaire quand est-ce que je pourrais te faire opérer… après douze semaines lorsque les petits seraient sevrés pour ne pas intoxiqué ton lait avec les produits chirurgicaux. Mais voilà, tu sevrais encore et tu fus à nouveau enceinte ! Je n’en revenais pas et je n’étais pas prête à refaire tout le travail ! Mais devant la situation je n’eus pas trop le choix et tu me donnas une deuxième litière au mois de juillet 2001 : six chatons ! Mais cette fois-ci, tu savais comment t’en occuper et je fus fière de toi.

Nous leur trouvèrent un bon foyer et ils partirent tous. Toi, je t’envoyai chez le vétérinaire. Plus question d’avoir des petits. Après ton opération, tu changeas du tout au tout. Tu te mis à passer du temps auprès de Whitesoak, tu ne sortais plus dans le jardin ou très rarement. Tu fus plus souvent à mes côtés et tu demandais de plus en plus mon attention. Et j’en étais ravie. Cela nous rapprocha encore plus et tu devins une petite princesse un peu plus sociable.

Ma petite Louloute, tu ne fus pas facile à aimer parfois, mais finalement je ne regrette rien car je t’adore telle que tu es. Tu partiras bientôt avec BlackJack. Je suis heureuse que tu ais un compagnon ainsi tu ne seras pas seule dans le foyer de cette amie à qui je te confie. Je sais qu’elle t’aimera et j’espère que tu ne prendras pas trop tes petits airs de prétentieuse et que tu l’aimeras.

Je t’aime ma petite princesse et même si certains moments me furent difficiles, aujourd’hui ce sont de merveilleux souvenirs sur lesquels je peux me pencher et sourire.

Ton affectionnée maîtresse,

ChatonNath

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