Les lions versus les fermiers: paix possible?

 

John Roach

National Geographic News

Le 16 juin 2003

 

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Les lions africains ont de gros problèmes. Les scientifiques ne savent pas le nombre exact de lions qui existaient il y a quelques décennies. Mais aujourd'hui, ils estiment qu'il existe un peu moins de 23 000 lions sur tout le continent africain. C'est beaucoup moins qu'on ne le pensait.

Les lions et d'autres grands prédateurs, tels les hyènes et les léopards, sont tués par les éleveurs de bétail qui n'ont aucune tolérance pour l'appétit des carnivores qui se lèchent les babines devant leurs vaches, moutons et chèvres. Ces dernières années, l'augmentation des armes et des poisons sont beaucoup utilisés et facilitent l'abattage de ces carnivores. Un à un, ces prédateurs disparaissent.

Les conservateurs ne se rendent pas compte de l'ampleur du problème parce qu'à l'intérieur des parcs, il semble que les lions existent en nombres abondants. Mais ces félins ont besoin d'un grand territoire pour survivre et ils ne font nullement attention aux frontières des parcs nationaux qui les protègent. Comment pourraient-ils savoir où se trouvent ces frontières?

Avec l'aide de National Geographic Society Conservation Trust et le Sea World & Busch Gardens Conservation Fund, une équipe spécialisée de la faune sauvage vont se rendre à Masailand, Kenya, pour connaître le nombre exact de lions. Ils vont aussi essayer d'instaurer une paix entre les lions et les fermiers.

Durant les cinq dernières années, Laurence Frank a étudié le conflit entre les grands prédateurs et le bétail. Son but est d'appliquer des concepts développés sur place pour que cesse la diminution des populations de lions des steppes du Masai, Kenya.

Craig Parker, un biologiste de l'université du Minnesota, spécialiste des lions, ajoute que les objectifs de Frank sont nobles et que les lions en ont grand besoin pour qu'ils ne disparaissent pas.

 

Etude des populations de lions

 

Frank décrit les gens du Masailand comme des pasteurs traditionnels, qui élèvent des vaches, des moutons, et des chèvres pour leur propre subsistance et ce, sur une superficie de 2.950 Km². Cette aire de pâturages se trouve adjacente aux parcs nationaux d'Amboseli et de Tsavo.

Cette aire sert aussi d'habitat à beaucoup d'animaux, incluant de grands prédateurs tels que les lions et les hyènes. Depuis quelques années, les Masai ont augmenter leurs persécutions vis-à-vis des prédateurs, laissant les populations de lions très vulnérables. Cette situation pourrait entraîner l'extinction de ces félins.

Frank et ses collègues vont passer les trois prochaines années à compter les lions, essayer de connaître leurs déplacements, où ils vont et d'où ils proviennent, lesquels s'attaquent le plus au bétails, et essayer de rassembler bien d'autres informations. Les chercheurs utiliseront les ondes de radio, le GPS et des données génétiques pour étudier les lions. Des jeux de scouts collecteront des informations sur les pertes de bétail et les tueries des prédateurs.

Les informations réunies devraient aider les chercheurs quant à savoir où vivent les lions, comment ils se déplacent pour chasser et quels lions se nourrissent du bétail des fermiers. Armés de telles données, ils espèrent pouvoir mettre une solution en place et ce, non seulement au profit des lions mais aussi des fermiers et installer une paix entre ces deux derniers.

 

Programme de compasation

 

Les jeux de scouts seront organisés pour encourager les bergers à utiliser de bons moyens anti-prédateurs, tels que la création de solides bomas (enclos traditionels de nuit pour le bétail qui ressemblent à des corrals). D'autres pratiques incluent de bons chiens de garde bien nourris pour prévenir les propriétaires qu'un prédateur est à proximité de leur bétail et utiliser des hommes qualifiés plutôt que des enfants pour garder le bétail durant la journée.

Ceux qui appliqueront ce type de management, et qui perdront tout de même des bêtes à cause des lions, seront compensés grâce à un système pour éviter qu'il n'y ait des corruptions et des abus qui sont survenus dans le passé lors de programmes similaires.

Sous ce nouveau système, lors de la perte de bêtes, les propriétaires se verront remboursés la totalité de la valeur de leurs bêtes perdues s'ils ont bien bâtis un boma. 30% de la valeur sera remboursée pour les bêtes se trouvant à l'extérieur durant la nuit. Après une année, les conditions seront plus strictes et aucune compensation ne sera remise si les bêtes sont hors du boma durant la nuit. 

Le but est d'augmenter les responsabilités des fermiers vis-à-vis de leur bétail. Ce genre de programme est toujours difficile car il existe une limite entre l'encouragement personnel de responsabilités des fermiers qui tergiversent pour une compensation honnête et l'abbatage facile d'un prédateur lors de la perte d'une bête.

 

 

 A venir

 

 

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