Les loups en voie de disparition:

Vaccin découvert pour les sauver?

 

 

Par John Pickrell

National Geographic

 

 

 

Le loup éthiopien, Canis Simensis, est l'espèce de canin le plus en danger de disparition. La plus grande menace provient de la rage et d'autres maladies portées par les chiens habitant dans les mêmes montagnes que les loups. Mais les scientifiques pensent qu'il est possible de développer un vaccin qui pourrait fortement aider l'espèce à survivre.

Basé sur un modèle informatique complexe, les scientifiques disent qu'il est possible d'empêcher l'extinction des loups en ne vaccinant que 20 à 40% des populations connues.

Cet animal élégant aux longues jambes et à la fourrure rouge-orange vit dans les régions montagneuses de l'Ethiopie à 3000 mètres (10 000 pieds) au-dessus du niveau de la mer. Il est aussi connu sous le nom de jackal simien ou de loup abyssin.

Le loup éthiopien est devenu tellement rare qu'un projet est absolument nécessaire pour le sauver.

Claudio Sillero-Zubiri, zoologiste à l'université d'Oxford, Angleterre, pense que seul sept populations sont existantes, ce qui donne un total de moins de 500 loups éthiopiens adultes. Ce nombre fait que cette espèce est encore plus rare que les gorilles, les pandas géants, les tigres, les rhinocéros et la plupart des grands mammifères.

Le nombre de loups éthiopiens a décliné depuis la fin de la dernière période glaciaire; lorsque les températures se sont réchauffées et que les habitats alpins se sont retirés presque partout de l'Afrique.

De nos jours, la perte d'habitat et l'hybridisation avec des chiens domestiques ont poussé l'espèce au bord de l'extinction.

James Malcolm, biologiste de l'université de Redlands en Californie, USA, annonce que le loup éthiopien est sur le point de disparaître et que l'espèce a, jusqu'à présent, réussi à survivre dans de très petits habitats qui... maintenant sont empiétés par des humains.

Dans certaines régions, les loups sont tués par les fermiers éthiopiens qui les blâment de s'en prendre à leurs bétails. Beaucoup de loups furent aussi tués indiscriminatoirement durant les guerres civiles des deux dernières décennies.

Mais le plus grand danger reste les maladies portés par les chiens domestiques des fermiers.

Après une éruption de la rage en 1990, la plus grande population connue de loups éthiopiens - trouvée dans la région du Parc National de Bale Mountains - a diminuée de deux tiers en deux semaines (de 440 animaux à 160)

Dada Gotelli, généticien de l'Institut de zoologie de Londres, Angleterre, explique "De fraîches carcasses apparurent un peu partout. Nous avons eu grand peur en sachant que cela pourrait se reproduire." Il croit fortement qu'il faut trouver une solution rapide pour pouvoir contrôler les futures problèmes similaires qui pourraient exterminer les loups éthiopiens.

Depuis 1996m Karen Laurenson, biologiste et vétérinaire à l'université d'Edinburgh, Ecosse, essaie de développer un vaccin canin contre la rage en tant que moyen indirect pour protéger le loup éthiopien. Ses résultats suggèrent que plus de 70% des chiens de la région, qui recevront le vaccin, auront un effet plus positif sur les populations des loups.

Aujourd'hui, Sillero-Zubiri, Laurenson et un collègue, Daniel Heydon de l'université de Guelph, Ontario, USA, pensent vacciner les loups mêmes.

Lors d'une étude faite en octobre, les scientifiques utilisèrent des modèles informatiques complexes pour tester la possibilité d'extinction des loups vaccinés - si un tel vaccin était développé avec succès - comparés aux loups non vaccinés.

Les résultats suggèrent que les petites populations de loups éthiopiens, environ de 25 à 50 loups, pourraient survivre pendant les cinquante prochaines années s'ils n'étaient pas porteurs de la rage.

Au point où nous en sommes, en ce qui concerne la contamination de la rage chez les loups éthiopiens, la majorité, pour ne pas dire l'entièreté des populations, est hautement susceptible d'extinction. Des études précédentes ont montré que lorsqu'un loup est atteint de la rage, 90% de la population dont il fait partie développe la maladie.

Vacciner les loups semblent donc une bonne idée mais les scientifiques veulent être certains à 100% qu'il n'y aura aucun effet secondaire.

Gotteli pense qu'il est plus qu'urgent de développer un vaccin "la moindre chance de survie des loups, l'augmentation de la densité de la population humaine dans un pays ravagé par la pauvreté... est comme une bombe prête à exploser, et le loups éthiopien est en train de vivre ses dernières années sur notre planète."

 

 

 

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